Haute résistance mécanique
Planchers béton dimensionnables pour des charges supérieures à 1,5 tonne/m², selon les besoins du projet.
Le hors-site ne doit pas seulement mieux construire ce que nous connaissons déjà. Il doit aussi permettre d’explorer de nouveaux usages, de nouveaux matériaux et de nouvelles façons de concevoir le bâtiment.
Le Lab ModuleM est l’espace où nous testons, expérimentons et confrontons ces idées au réel.
Certaines resteront des explorations.
D’autres deviendront les solutions de demain.

Ce que nous explorons

Réversibilité, évolutivité, modularité, mobilité, réemploi : nous imaginons des bâtiments capables de changer avec les besoins plutôt que de devenir obsolètes.
Biomimétisme, matériaux biosourcés, géosourcés, recyclés ou issus du réemploi : nous explorons des solutions plus frugales en ressources, en carbone et en énergie.
DfMA, préfabrication, assemblage à sec, construction réversible, conception paramétrique, intelligence artificielle et industrialisation frugale : nous explorons des méthodes capables de construire mieux avec moins de matière, moins d’énergie et moins d’aléas.
Innover, c’est d’abord accepter de ne pas avoir toutes les réponses.
La preuve par le test
Dès 2014, nous avons voulu intégrer du béton de chanvre projeté dans une construction modulaire 3D.
Nous n’avions inventé ni le modulaire, ni le béton de chanvre. Mais une question restait sans réponse : comment ce matériau allait-il réagir aux contraintes très particulières du transport ?
Un module hors-site subit, entre la manufacture et son lieu de destination, une succession de sollicitations : vibrations, ralentisseurs, ronds-points, changements d’appui, accélérations, freinages. Autant de « petits séismes » que ne connaît pas un mur construit directement sur son site.
Personne ne pouvait alors nous garantir que du béton de chanvre projeté en manufacture résisterait durablement à ces contraintes.
Alors nous avons fait ce que nous faisons encore aujourd’hui lorsque la réponse n’existe pas : nous avons essayé.
Nous avons construit un module prototype, projeté le béton de chanvre dans ses parois, loué un camion-plateau et fait rouler l’ensemble pendant deux heures.




C’est cela, le Lab ModuleM : partir d’une intuition, la confronter au réel, apprendre, corriger, puis construire.
Ce qui était une expérimentation en 2014 fait aujourd’hui partie de nos solutions constructives maîtrisées. Le béton de chanvre est désormais intégré à plusieurs de nos projets, au même titre que la paille et d’autres matériaux biosourcés.
Retrouver les idées d’hier pour imaginer les bâtiments de demain.
Chez ModuleM, nous sommes passionnés depuis toujours par les architectures démontables, déplaçables et réversibles. Elles font partie de l’histoire de notre métier, mais aussi de son patrimoine.
Bien avant que l’on parle de construction hors-site, de réemploi ou d’économie circulaire, des architectes, ingénieurs et designers avaient déjà imaginé des bâtiments fabriqués industriellement, transportables, transformables et capables de connaître plusieurs vies.
Aujourd’hui, ces deux Tétrodon sont présents dans notre manufacture.





Nous les regardons à la fois comme des éléments de patrimoine et comme des objets de recherche.
Ils nous rappellent qu’un bâtiment peut être pensé différemment : démontable, transportable, extensible, réparable, réemployable. Et que certaines idées que l’on présente aujourd’hui comme nouvelles avaient déjà été remarquablement explorées il y a cinquante ans.
Préserver ces architectures, c’est aussi comprendre d’où nous venons pour mieux imaginer où nous allons.
Et si, demain, nous cultivions une partie de nos bâtiments ?
Le projet Mycélium est né presque par accident, en restaurant nos Tétrodon.
Sur l’un des deux exemplaires récupérés à Darwin, deux coques étaient manquantes. La solution la plus évidente aurait été de les reconstruire à l’identique, en polyester, comme dans les années 1970.
Mais reproduire aujourd’hui exactement ce qui avait été fait il y a cinquante ans nous semblait passer à côté du sujet.
La vraie question était ailleurs :
Si le Tétrodon devait être inventé aujourd’hui, avec quel matériau fabriquerions-nous ses coques ?
« Nous ne l’avons pas fabriqué. Nous l’avons cultivé. »
Andy Cartier
Cette phrase résume peut-être à elle seule ce que le Lab cherche à explorer.
Nous sommes encore très loin de dire que le mycélium remplacera demain nos matériaux constructifs.

Ce n’est précisément pas le rôle du Lab de le promettre.
Son rôle est d’oser poser la question, puis d’essayer.
Tout est parti de deux coques disparues d’un objet imaginé dans les années 1970.
Cinquante ans plus tard, leur absence nous pousse à expérimenter une manière radicalement différente de produire de la matière.
Hier, nous fabriquions la construction.
Demain, peut-être, en cultiverons-nous une partie.
Et si nous cultivions la construction ?
Et si nos bâtiments pouvaient aussi nous nourrir ?

Le CJD est un lieu de formation, mais surtout un lieu de rencontres. C’est là que nous avons rencontré Pierre Osswald, alors engagé dans le développement de Citizen Farm et d’une solution d’aquaponie.
L’aquaponie associe élevage de poissons et culture de végétaux dans un même écosystème. Les nutriments produits par les poissons nourrissent les plantes, qui participent à leur tour à l’épuration de l’eau. Le système fonctionne en boucle et cherche à produire davantage avec moins d’eau et moins d’intrants.
Le Lab, c’est aussi cela : ne pas attendre que les idées deviennent évidentes pour commencer à les construire.
Et si demain nos bâtiments ne se contentaient plus de nous abriter ?
Et s’ils participaient aussi à nous nourrir ?
Construire là où personne n’imagine construire.
Le LAFARA est installé à Ferrières-sur-Ariège, dans une ancienne galerie EDF, sous 85 mètres de roche. Cet environnement souterrain permet de limiter fortement les rayonnements cosmiques et de mesurer des niveaux extrêmement faibles de radioactivité.

Notre défi était inhabituel : concevoir un laboratoire technique, lourdement équipé, puis réussir à l’installer au fond d’un tunnel.
La première difficulté était simplement de pouvoir y accéder.
Scanner le réel. Concevoir autour de la contrainte. Fabriquer dans de bonnes conditions. Installer là où un chantier traditionnel devient extrêmement complexe.
Certaines contraintes limitent la construction. D’autres nous obligent à inventer une autre manière de construire.
Et si la construction devenait aussi un terrain de création ?

Le design nous intéresse moins pour faire « joli » que pour sa capacité à imaginer en avance les objets, les usages et parfois même les modes de vie de demain.
Beaucoup d’innovations qui nous paraissent aujourd’hui évidentes ont d’abord été dessinées, provoquées ou expérimentées par des designers avant d’être industrialisées.
Et si, demain, certaines constructions étaient regardées non seulement comme des bâtiments, mais aussi comme des œuvres de leur époque ?